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L’évaluation des bénévoles et des associations : bilan ou valorisation ?

L’évaluation est une étape incontournable de la vie associative. Nécessaire pour donner à voir son activité et justifier de ses choix, c’est une pratique qui tend à se généraliser avec plus ou moins de bonheur. Qu’en est-il des entraides et autres petites associations ? Qu’entend-on par « évaluer » ? Est-ce utile et si oui, en quoi ? Et comment procéder ?

 

Écartons d’emblée les questions d’évaluation interne et externe. Réservées au secteur professionnel, elles sont soumises à un cadre réglementaire très strict et introduisent des acteurs dotés d’une expertise reconnue. Malgré tout, il existe un point commun entre ce type d’évaluation et ce que l’on peut pratiquer dans une entraide : il s’agit dans les deux cas d’un processus lié à des enjeux de qualité. Si l’on s’en tient à la définition des dictionnaires, évaluer c’est estimer, apprécier, la valeur de « quelque chose ». On ne parle donc pas des personnes mais bien des actions. Dans le monde des entraides il s’agira probablement tout simplement de faire le point sur la qualité du ou des service(s) rendu(s) tout en établissant un lien avec l’avenir.

Quel intérêt ?

Affronter des situations souvent lourdes, des urgences, gérer le quotidien avec son lot d’imprévus, avoir le « nez dans le guidon » tout le temps, tout cela permet difficilement de se poser pour réfléchir à la question. On peut aussi ne pas en voir l’utilité ou craindre le résultat. Remettre en question la façon dont une action se déroule peut en effet représenter une menace en termes de vulnérabilité ou de susceptibilité mais, si c’est bien mené, sans confondre les personnes et leurs actes, s’avérer bénéfique. S’autoriser à « s’asseoir » pour prendre du recul a toujours été un bon moyen pour mieux voir ce qui se passe et reprendre la partie. Le temps d’évaluation est une bonne occasion de clarifier les rôles, les tâches et les responsabilités,  de voir le chemin parcouru à tous les niveaux, pour affiner la réponse aux besoins existants. Il est indéniable que cela favorise la communication dans l’équipe. Les bénévoles peuvent s’exprimer sur les difficultés traversées, les potentialités non exploitées, les améliorations apportées ou qu’ils pourraient apporter, leurs attentes … Des besoins non identifiés jusque – là peuvent apparaître. Mettre en relief les points forts permet de (re)motiver l’équipe. Au bout du compte, il peut arriver que cela suscite l’arrivée de nouveaux bénévoles.

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Comment s’y prendre ?

Sous forme d’auto-évaluation ? C’est possible mais la dimension « équipe » sera difficilement mesurable alors que l’intérêt du service rendu passe par l’équipe. De plus, cela sous-entend qu’il existe dans la structure des documents déjà existants et malgré tout quelqu’un avec qui dialoguer ensuite. En groupe ou en entretien individuel ? A l’aide de grilles d’évaluation ? A chaque entraide de trouver la réponse en fonction de ses spécificités : taille, âges, types d’actions… La première question à se poser est probablement celle de la coordination, à la fois de l’équipe et des actions : qui s’en occupe et comment.

Une fois cette question réglée, il existe des conditions de base incontournables si l’on veut que ce soit profitable : bien faire la différence entre individu(s) et action(s), laisser sa subjectivité de côté au maximum et se concentrer sur la période écoulée, l’action réalisée, sans déborder sur autre chose. En ce qui concerne le contenu, il est bon de vérifier les connaissances que les bénévoles ont de leur poste, de leurs tâches, de la structure et de ses valeurs, des documents de l’association (notamment du Projet Associatif). Apprécier le degré d’autonomie et la capacité à travailler en équipe peut permettre d’identifier des besoins de perfectionnement ou de soutien, voire de ré-équilibrer l’équipe. Lorsque des objectifs ont été fixés, des attentes exprimées, il est facile de s’y reporter et de discuter des moyens à mettre en œuvre s’il s’avère nécessaire de repositionner les choses. Plus ces périodes d’évaluation sont rapprochées, moins on aura besoin d’y consacrer du temps.L’évaluation peut s’avérer être une ressource non négligeable en termes d’organisation, d’efficacité, de qualité, bien sûr mais aussi de dialogue, donc de bon climat dans l’équipe, et de valorisation des bénévoles, donc éventuellement de fidélisation. Evaluer amène à évoluer, alors pourquoi s’en priver ?

 

Mireille Robert Nicoud
Formatrice

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