Les MOOC : une nouvelle façon de se former

Débarqués dans les années 2010 sur Internet, venus tout droit des États-Unis, ils sont désormais bien installés dans le paysage numérique, et pourtant, leur nom soulève encore de nombreux sourcils. MOOC. Derrière cet acronyme se cache un anglicisme un peu obscur : massive online open courses, cours en ligne ouverts à tous. Linguistiquement, c’est déjà plus clair, mais concrètement, que sont réellement ces « MOOC » ?

Le principe d’un MOOC, c’est d’offrir au plus grand nombre un savoir précis à travers une session de formation allant en général de quatre à huit semaines durant lesquelles l’apprenant a accès à de courtes vidéos traitant chacune d’une compétence précise. Lancé par un organisme ayant une expertise reconnue dans un domaine, l’ensemble se veut ludique et pédagogique. Des petits exercices d’étape permettent de faire le point et, selon le taux de réussite, d’obtenir à l’issue un « certificat de suivi ».Il ne s’agit pas de transformer en quelques vidéos l’internaute en expert, mais le gain de savoir, bien que modeste, est réel.

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Un mode d’apprentissage autonome et communautaire

Avec cette méthode, l’apprenant est autonome. En cela, les MOOC s’inscrivent dans la droite ligne des modes de formation dits asynchrones, c’est-à-dire dans lesquels le professeur transmet son savoir à un élève sans que les deux ne communiquent en temps réel. Mais, pour pallier tout excès de solitude, que l’on sait décourageant lorsqu’il s’agit d’apprendre, les MOOC ont introduit un aspect communautaire. Sur les plateformes qui les hébergent, on retrouve donc des éléments empruntés aux réseaux sociaux : forum, chat,  conférences en direct… Une communauté Facebook, créée temporairement pour l’occasion, vient souvent compléter le dispositif. Le plaisir d’apprendre se double alors du plaisir d’échanger avec l’autre.

Tout le monde y gagne

Et il en existe pour tous les goûts,  dans tous les domaines, du MOOC sur l’histoire du droit, lancé par la prestigieuse université Paris II Assas, à celui plus technique, portant sur les conversions thermodynamiques, en passant par le MOOC organisé par la gendarmerie nationale permettant de s’initier à la gestion de crise. Chacun y trouve son compte. Pour ceux qui les créent, les MOOC représentent une formidable vitrine, permettant de gagner en visibilité et d’orienter de potentiels futurs étudiants sur les cursus payants. Pour les entreprises, ils sont un moyen ludique de maintenir les équipes dans une démarche de formation et d’actualisation des compétences tout au long de la vie.  Pour ceux qui les suivent, ils permettent d’avoir accès à des savoirs réellement vérifiés et validés, émanant de professeurs reconnus, sans débourser un centime.

Une réelle opportunité pour les associations

C’est d’ailleurs à ce niveau que les MOOC peuvent trouver leur place dans nos associations et entraides. Car, une fois passée l’appréhension que suscite parfois l’outil Internet, ils offrent aux salariés et bénévoles la possibilité de se former et d’entamer des réflexions de qualité, sans pour autant avoir d’impact sur des budgets souvent contraint. Et, ne boudons pas notre plaisir, la France a été particulièrement réactive dans le domaine, puisqu’une plateforme, nommée FUN (France Université Numérique), ouverte au début du phénomène MOOC, propose aujourd’hui un accès illimité à une centaine de MOOC francophones. Pour les plus courageux (et anglophones), les plateformes Coursera et Edx permettront d’accéder à des cours proposés par Havard ou Westpoint. What Else ?

Vincent Malventi,
Chargé de mission régional

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