APPEL : NE LAISSONS PAS FRAGILISER LE DROIT DE L'ETRANGER
18 juin 2010

Le 31 mars dernier, le Conseil des Ministres a adopté un nouveau projet de loi : ce projet réduit encore les droits des étrangers en France et augmente le pouvoir discrétionnaire de l’administration à leur encontre. L'examen de ce projet à l'Assemblée nationale est programmé à partir du 27 septembre.

Au vu de l’enjeu de cette future loi, la FEP avec quatre autres organismes chrétiens ont pris l’initiative d'une réaction commune d'associations, organismes, mouvements et services chrétiens : plusieurs autres ont décidé de soutenir cette initiative en co-signant leur appel intitulé : "Ne laissons pas fragiliser le droit de l'étranger". Intentionnellement, cet appel ne reprend pas toutes les mesures du projet de loi mais il cible des thèmes sensibles pour les chrétiens.

Cet appel est complété d'un argumentaire de 3 pages et de propositions de lettres à envoyer aux parlementaires de sa circonscription.

L'appel et son argumentaire ont pour objectif de sensibiliser vos réseaux. Les lettres ont pour pour but de sensibiliser les élus de votre circonscription.

En septembre, nous organiserons un événement vers les médias nationaux et il nous sera alors utile de faire état des actions engagées dans toute la France. Merci donc de nous en informer en appelant le 01 48 74 53 84 ou en envoyant un mail à communication@fep.asso.fr.

Pour télécharger l'appel, l'argumentaire et les modèles de lettres pour envoi aux parlementaires, cliquer sur le lien ci-dessous:
www.fep.asso.fr/docs/1279728877.pdf


GENS DU VOYAGE : N'AJOUTONS PAS UNE INJUSTICE DE PLUS
22 juillet 2010

Communiqué de la Fédération protestante de France — 22 juillet 2010

Un groupe de personnes, gens du voyage sédentarisés, a vandalisé le centre-ville de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) en réaction au décès d’un jeune. Les images diffusées sont violentes et font leur effet. Toute une population est alors stigmatisée alors que ces épisodes de violence relèvent du droit commun.
Rappelons que la grande majorité des gens du voyage est française même si ceux-ci ne jouissent pas des droits de tous les Français (ils ne peuvent pas voter avant 19 ans, par exemple).
Une partie importante d’entre eux est protestante et travaille activement de diverses manières à aider la population tzigane à s’intégrer.
Avant de stigmatiser ces Français, réfléchissons aux dénis de citoyenneté qui leur sont infligés. Quand aujourd’hui on veut leur appliquer la loi dans toute sa rigueur concernant les aires de stationnement par exemple, il faut se souvenir que la loi (du 5 juillet 2000) impose aux municipalités de plus de 5000 habitants de mettre à disposition des aires d’accueil et aux normes pour les gens du voyage. Ce que la majorité d’entre-elles n’a jamais fait impunément. Qui doit montrer l’exemple ?

Au délit de faciès dont souffrent quotidiennement les Tziganes, Roms et autres Manouches, qui sont sans cesse contrôlés, méprisés, suspectés, n’ajoutons pas une injustice de plus en les mettant pour des raisons troubles au pilori de la nation.
Comme dans toute population pauvre et largement marginalisée, les délinquances sont plus visibles qu’ailleurs. Faut-il se contenter de punir ou reprendre la question fondamentale de la justice sociale ?
Jean de La Fontaine, dans Les animaux malades de la peste, mettait déjà en garde contre la tentation de crier haro sur le baudet et de condamner cyniquement les plus faibles. La Fédération protestante de France ne peut pas laisser maltraiter une part de ses membres, et plus largement appelle les pouvoirs publics à ne pas agir sans discernement et à faire respecter les obligations des communes.


Contact presse : Muriel Menanteau
Fédération protestante de France
Service information communication documentation
muriel.menanteau@protestants.org
Tél. : 01 44 53 47 13 et 06 73 39 55 98
www.protestants.org


DOSSIER PROTESTE : UNE PLACE ICI AUX ENFANTS D'AILLEURS
6 juillet 2010

Émigrer, quitter son pays, est toujours un choc identitaire. Étranger pour les autres, on devient étranger à soi-même. En plus des difficultés liées à l’exil, à leur arrivée, les immigrés endurent la suspicion et la stigmatisation.

Comment les familles migrantes récemment arrivées en France, et en particulier les enfants, peuvent-elles se reconstruire lorsqu’elles ne sont ni accueillies ni reconnues ?

Quel est l’impact de la politique d’immigration sur l’insertion et l’état de santé psychique des enfants de migrants et des mineurs étrangers non accompagnés ?

Tel a été le fil rouge du colloque « familles migrantes : détresse au quotidien. Quel avenir pour les enfants ? » organisé par la commission « Accueil de l’Étranger » le 23 janvier dernier.

Ce dossier, paru dans le n° 122 de Proteste (juin), propose une sélection d’interventions qui ont eu lieu lors de ce colloque.
www.fep.asso.fr/docs/docs_fep/dossier_122.pdf


EGALITE DES PLACES, EGALITE DES CHANCES : POUR QUELLE COHESION SOCIALE ?
6 juillet 2010

François DUBET, professeur de sociologie à Bordeaux et directeur de recherches à l’EHESS, spécialiste de l’école, a inauguré la réflexion des Journées de la FEP autour du « défi des inégalités ». Pour lui, la perception des inégalités aurait changé ces quarante dernières années en passant d’une revendication pour l’égalité des places qui prévalait pendant les « Trente Glorieuses », à la promotion d’une égalité des chances qui domine aujourd’hui.

Selon le premier paradigme, l’Etat se devait de resserrer les différences entre classes sociales en termes de revenus, de protection sociale pour tous… Si le destin des personnes était figé, en retour chacun avait une place assurée et reconnue. Selon cette approche, la question n’est pas de savoir « quel pourcentage d’enfants d’ouvriers doit être représenté dans les grandes écoles ? » mais « comment améliore-t-on la condition ouvrière ? ». C’était davantage l’équilibre de la société que l’intérêt des individus qui était au centre. La lutte contre les inégalités passait par une intervention de l’Etat importante dont l’objectif était d’arbitrer les transferts de manière à réduire les écarts entre classes sociales.

Selon le deuxième paradigme, qui domine actuellement à gauche comme à droite, l’individu et la compétition interpersonnelle sont au centre de la lutte contre les inégalités. L’Etat ne doit plus intervenir dans l’économie, il doit juste mettre en place les conditions pour que chacun ait les mêmes chances de réussir : c’est l’égalité des chances. La question dans cette approche est la suivante : « comment faire en sorte qu’une juste proportion d’enfants de classes défavorisées se retrouvent dans les grandes écoles ? ». C’est une approche fondée sur la compétition comme moteur de la cohésion sociale. On parle dans ce système davantage de lutte contre les discriminations que de lutte contre les inégalités.

François DUBET a interrogé les avantages et les inconvénients des deux paradigmes. Il note que l’avantage de « l’égalité des chances » est la mobilité qu’il promet. L’inconvénient, c’est l’insécurité qu’il produit. Et ses séquelles psychologiques : dans notre système celui qui a réussi croit que sa réussite est liée exclusivement aux fruits de son travail pour « battre » la concurrence, et à l’inverse, celui qui a perdu lie son échec à sa propre médiocrité puisqu’il n’a pas su survivre dans un monde concurrentiel. Le gagnant, selon l’idéologie du « self-made-man », puisqu’il pense qu’il s’est construit tout seul, ne voudra pas rendre grâce à la société en payant plus d’impôts. Le perdant se sanctionne une seconde fois en pensant que tout a été de sa faute et plonge ainsi dans une attitude d’auto-exclusion, de refus d’être perçu comme un « assisté », voire de renoncement à ses droits sociaux.

Mais François DUBET va plus loin en relevant que les promesses de « l’égalité des chances » ne sont pas toujours tenues. Dans notre système actuel, la probabilité pour des jeunes de milieu populaire d’accéder aux « grandes écoles » a plutôt diminué. En effet les dispositifs pour favoriser l’égalité des chances sont finalement plus utilisés par les personnes disposant d’un capital social et culturel que par les autres. Si les médias décrivent des parcours singuliers, la réalité statistique est tout autre : il faut sauter des obstacles élevés ou retomber, alors que dans un système « d’égalités des places », une progression lente est possible d’un statut à un autre.

L’égalité des chances n’est donc pas génératrice de cohésion sociale, d’un sentiment d’appartenance commune à une même société, mais peut éroder le lien social. Alors qu’une politique qui vise une égalité des places, c'est-à-dire une diminution des écarts entre les citoyens, peut favoriser le développement d’une société plus harmonieuse. Une société aussi où les personnes sont moins malades comme le suggèrent les études qui montrent que les gens sont en meilleure santé dans une société plus égalitaire.

Est-il aujourd’hui possible de revenir sur le discours dominant de « l’égalité des chances » ? Pour François DUBET, ce n’est pas évident du tout. Mais il suggère en tout cas que, dans le domaine de l’école, on se préoccupe plus de donner des conditions favorables d’apprentissage et d’accès à un métier aux enfants des familles les plus pauvres que de financer et célébrer quelques parcours individuels exceptionnels.

Source : Proteste (rubrique : Vie de la fédération), juin 2010


CINQUIEME BAROMETRE SUR L'HEBERGEMENT ET LE LOGEMENT DES PERSONNES DEMUNIES
4 mars 2010

En janvier 2008, le Premier ministre s’était engagé à prendre des mesures importantes pour les personnes sans abri et mal logées, dans le cadre d’un « Chantier national prioritaire » pour la période 2008-2012. Parallèlement, le Collectif des associations unies a proposé au Gouvernement 100 mesures qu’il juge prioritaires et urgentes en matière de :

- gouvernance de la politique du logement et de l’hébergement (16 mesures),
- actions de prévention (21 mesures),
- humanisation et création de nouvelles places d’hébergement (26 mesures),
- mobilisation du parc de logements publics et privés (37 mesures).

Le Collectif a élaboré un baromètre afin de suivre la mise en oeuvre de ces mesures en distinguant celles qui sont appliquées (vert), engagées (orange) ou non démarrées (gris).

En mars 2010, le 5ème baromètre du Collectif fait état de :
1 mesure appliquée
33 mesures engagées
66 mesures non démarrées

Pour télécharger le baromètre, cliquer sur le lien suivant :
www.fep.asso.fr/docs/1270633781.pdf


QUEL CHEMIN PARCOURU ENTRE 2007 ET AUJOURD'HUI !
22 avril 2010

Le 19 mars 2010, la Fédération de l’Entraide Protestante a organisé son Assemblée générale à la Maison de la Promotion Sociale à Artigues-près-Bordeaux en Gironde. Trois ans après l’adoption d’une feuille de route intitulée « Objectifs 2010 », l’heure était au bilan. La FEP s’était donnée trois objectifs en 2007 à atteindre d’ici cette année.

« Elaborer des repères éthiques, politiques et théologiques visibles en interne et en externe »
Pour comprendre ce qu’implique la référence protestante dans le contexte de laïcité auprès des intervenants sociaux et des usagers, les journées annuelles de 2008 à Strasbourg ont proposé des temps de réflexion sur les manières de concilier engagement chrétien et accompagnement de et par tous : chrétiens, croyants non-chrétiens et non croyants. Des publications dans la revue Proteste ont illustré des synergies possibles entre les communautés chrétiennes et les associations protestantes, notamment par la présence d’un pasteur ou d’un aumônier dans les lieux d’accueil. Au niveau régional également de nombreuses rencontres ont porté sur la référence protestante dans nos associations. Le président Georges Dugleux et le secrétaire général Olivier Brès ont toutefois reconnu que ce chantier était à poursuivre dans un environnement marqué à la fois par un désir identitaire et par une laïcité à défendre.
Au-delà d’un positionnement général, les trois années écoulées ont aussi permis d’élaborer des repères éthiques dans chaque domaine d’intervention : les commissions et les colloques thématiques, en ce qui concerne l’asile et l’immigration, l’accompagnement des personnes âgées et la protection de l’enfance, ont donné l’occasion aux adhérents de ces secteurs de sortir de préoccupations exclusivement gestionnaires pour évaluer le sens de leurs actions respectives. Les formations proposées par FORMASEV, le département Conseil et Formation de la FEP, ont également contribué à ce que les acteurs prennent du recul sur leurs pratiques, notamment en les aidant à revisiter leurs statuts et leur projet associatif.
En externe, la FEP a participé activement à des collectifs interassociatifs tels que ALERTE, le collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique en faveur des sans abri et des mal-logés, le collectif des délinquants solidaires (etc.), afin de témoigner des injustices et des souffrances vécues par les personnes accompagnées auprès du grand public (conférences de presse) et des pouvoirs publics (participation aux délégations). Ceci a également permis à la FEP de mieux se faire connaître et reconnaître de ses partenaires nationaux.

« Consolider les relations entre les adhérents, et des adhérents avec la FEP, en structurant la régionalisation et les secteurs thématiques »
Plutôt que de devenir une « quartier général » parisien, la FEP doit rester en lien avec ses adhérents. Pour cela, elle s’est structurée en six régions couvrant l’ensemble de l’hexagone avec la constitution de comités régionaux légitimés et dont chacun désigne des représentants au Conseil d’administration. La régionalisation, processus engagé il y a cinq ans, est désormais achevée.
Pour soutenir de manière spécifique les petites structures composées exclusivement de bénévoles et toujours en lien étroit avec leur paroisse, qu’on appelle « entraides » ou « diaconats de paroisse », des formations de bénévoles leur sont proposées, un secteur national « Entraides » s’est mis en place et a d’ores et déjà élaboré une boîte à outils et une publication à leur attention sur les aspects administratifs et financiers de la vie associative.
Pour consolider des relations opérationnelles entre ses adhérents, la FEP a joué un rôle de promoteur et de facilitateur des coopérations et regroupements entre associations de référence protestante d’une même région. Elle est désormais opératrice avec FORMASEV qui propose à ses adhérents, depuis début 2010, une formation-action intitulée COOPERACT qui vise à permettre aux dirigeants associatifs de maîtriser les facteurs de succès de leurs stratégies de coopération et à terme d’élaborer un plan d’action.

« Devenir le référent reconnu, pour le protestantisme français et ses composantes, dans le domaine de la solidarité »
Afin de promouvoir l’engagement bénévole et professionnel auprès des jeunes, le projet « jeunesse et entraide » a permis aux adhérents de la FEP de gagner en visibilité auprès des jeunes issus des mouvements protestants. Un forum Entraide était organisé à Strasbourg à la Toussaint 2008 dans le cadre du festival de rock chrétien Heaven’s Door, et des villages associatifs avec des acteurs de l’entraide à l’occasion du « Grand Kiff » et de « Protestants en fête » en 2009 ont donné l’occasion à des professionnels et des bénévoles de sensibiliser les jeunes aux actions de solidarité. Un partenariat avec VISA, une structure protestante d’accueil et d’envoi de volontaires français et européens, a été consolidé.
En matière de communication en direction des Eglises, les prises de position et initiatives de la FEP sont régulièrement reprises par la presse protestante nationale et régionale. Il faut également souligner les excellentes relations qu’entretiennent la FEP et la Fédération protestante de France, qui notamment ont mené des plaidoyers communs en matière d’accueil de l’étranger auprès des pouvoirs publics.
Au niveau européen, la FEP a réinvesti, après une période d’absence, son instance de représentation européenne : Eurodiaconia. Au plan international, la FEP a porté le souci d’une solidarité protestante pour venir en aide aux populations victimes de catastrophes naturelles ou de guerres, aujourd’hui incarné par le fonds « solidarité protestante » géré par la Fondation du Protestantisme.

Malgré le long chemin parcouru, beaucoup d’efforts restent à fournir pour préserver ces acquis et consolider la diaconie protestante, dans un contexte politique suspicieux à l’égard de l’efficacité des associations de solidarité et dans un contexte de crise économique générant des besoins d’accompagnement et d’aide toujours plus importants. Les associations doivent veiller à se renforcer, dans leurs actions et dans leur plaidoyer.

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Fédération de l'Entraide Protestante - 47 rue de Clichy - 75311 Paris CEDEX 9 - Tél : 01 48 74 50 11 - Fax : 01 48 74 04 52 - Accès site : www.fep.asso.fr