58% des français font davantage confiance aux associations plutôt qu’aux élus pour proposer des solutions en faveur de l’intérêt général (sondage FONDA 2007)
La notion d’intérêt général semble avoir disparu du vocabulaire des politiques et même du vocabulaire des médias. Si elle apparaît encore quelquefois, elle est comprise comme l’habillage d’un intérêt particulier plutôt que comme un véritable souci du bien commun. Il y a en même temps renoncement et soupçon, comme s’il était devenu impossible de définir en commun ou de confier à des représentants la définition d’un projet collectif.
Comment comprendre ce renoncement et ce soupçon ? Plusieurs raisons peuvent être avancées, qu’il s’agisse de la domination de la pensée économique et de la concurrence, d’une méfiance vis-à-vis des utopies politiques, ou encore d’une sorte de cynisme dans les relations sociales, ou enfin d’un repli de chacun sur soi.
Il vaut certainement la peine de discerner ce qui fait obstacle aujourd’hui à la promotion de cette notion d’intérêt général, mais aussi en quoi certaines de ces attitudes disent l’état de la réflexion politique et sociale dans notre pays et en Europe.
Les associations se présentent souvent comme les porteurs actifs des intérêts des personnes et des catégories les plus fragiles. Elles mettraient en lumière les carences des politiques publiques, elles exprimeraient les véritables besoins sociaux, elles porteraient auprès de l’opinion la conviction que l’intérêt général d’une société repose sur la place accordée aux plus faibles, aux plus pauvres, aux plus souffrants.
Dans le même temps elles se retrouvent en concurrence de légitimité avec le secteur marchand au nom de l’efficacité économique, et avec les pouvoirs publics au nom de la définition des priorités.
Dans un contexte où les associations sont à la fois prestataires de services publics, promoteurs de leur devenir propre et défenseurs de catégories particulières, peuvent-elles trouver une place juste dans la recherche d’un intérêt général, ou doivent-elles se considérer comme un groupe de pression comme un autre ?
La place et le rôle des associations vont certainement se jouer en France dans leurs rapports aux organisations territoriales (Collectivités locales, agences), elles-mêmes en pleine évolution.
Mais le contexte français est aussi dépendant des politiques européennes, des définitions présentes et à venir des SEIG (services économiques d’intérêt général) et des SSIG (services sociaux d’intérêt général).
Quel est aujourd’hui l’état de la réflexion, quels sont les enjeux à venir, comment les associations peuvent-elles peser sur la définition des périmètres d’action qui leur seront concédés ?
Olivier Brès, Secrétaire Général de la Fédération de l'Entraide Protestante |